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Les
travaux pluridisciplinaires du groupe de recherche DiLan
coordonné par Bruno Gaume (IRIT) portent sur la compréhension et
l’exploitation des propriétés caractéristiques des grands graphes de terrain et
plus particulièrement des graphes issus de la linguistique, des sciences
cognitives et du web. Les grands graphes de terrains sont les graphes que
l’on trouve en pratique, ils sont construits à partir de données issues de
différents domaines d’études : l’épidémiologie (graphes de contacts, ...),
l’économie (graphes d’échanges, ...), la sociologie (graphes d’accointances,
...), la linguistique (réseaux sémantiques, ...), la psychologie (graphes
d’associations sémantiques, ...), la biologie (réseaux neuronaux, graphes
d’interactions, ...), la technologie (graphe d’internet,
...), ... ou bien encore le graphe du web. Plusieurs études récentes montrent
un fait remarquable qui est que tous ces graphes, pourtant d’origines si
diverses, possèdent des propriétés identiques bien particulières et font partie
de la classe des Réseaux Petits Mondes Hiérarchiques
(RPMH : faible densité en arcs, moyenne des chemins courts,
existence de zones denses en arcs, incidence des sommets en loi de puissance).
Un autre fait tout aussi remarquable est que cette classe des RPMH est très
petite au regard de l’ensemble des graphes possibles. C'est-à-dire que les
graphes auxquels nous avons à faire dans la vraie vie se ressemblent tous par
leur structure commune, bien qu’intrinsèquement cette structure soit très rare
d’un point de vue probabiliste.
Dans ce
cadre le groupe de recherche DiLan
développe une
méthode stochastique pour l’étude de la structure des grands graphes de terrain
de type RPMH (métrologie, visualisation, navigation, génération automatique,
…). Cette méthode qui est implémentée sous la forme d’un atelier logiciel Prox, consiste à transformer un graphe en une chaîne
de Markov dont les états sont les sommets du graphe en question. Des particules
se baladent aléatoirement de sommets en sommets dans le graphe en empruntant
les arcs du graphe. Ce sont les dynamiques des trajectoires des particules qui
nous donnent les propriétés structurelles des graphes étudiés.
Cette approche, qui est une forme de ‘‘connexionnisme structurel’’, permet
de proposer une modélisation géométrique du sens où les RPMH sont non seulement
une excellente compression de la forme du sens, mais de plus permettent une
navigation et un accès très efficace à l’information, avec une dynamique
d’acquisition du général vers le particulier par raffinement (enfant L1), ainsi
qu’une excellente robustesse en cas de déficit (aphasie, apprenant L2, …), et
un raisonnement à granularité variable ce qui permet de faire chuter la
complexité.
L’un des objectifs est par exemple de mieux comprendre
comment l’enfant acquiert et reproduit le lexique de sa langue maternelle, de
quelques mots, puis quelques centaines, jusqu’à disposer du réseau lexical
général d’un adulte. Les interfaces d’accès à l’information (bases de données,
dictionnaires, Web, …) pourront alors
être adaptées aux fonctionnalités du cerveau humain, tout comme par le passé
ont été adapté les outils à la morphologie de la main humaine.
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